Aujourd’hui on vous présente une pièce du Musée d’Art de Cincinnati et de l’exposition Collecting Calligraphy Arts of the Islamic World ouverte jusqu’au 27 janvier 2019. On sait qu’on vous montre rarement de l’art islamique et je suis vraiment contente de vous présenter cette œuvre aujourd’hui. Profitez bien !
Des folios richement enluminés de manuscrits poétiques et historiques seront présentés le long des pages du Qur’an, des feuilles de pratique calligraphique et des décrets politiques lors de l’exposition Collecting Calligraphy: Arts of the Islamic World. A travers la présentation de folios ou de manuscrits complets allant du IXème au XXème siècle, l’exposition met en lumière l’artisanat et le talent manifeste au sein de chacune de ses œuvres. On appréciera l’équilibre symbiotique entre la taille du papier, l’écriture, l’ornementation et l’enluminure dans des œuvres provenant à l’origine d’une myriade de pays dont l’Iran, la Turquie, l’Inde, l’Espagne et la Syrie. Découvrir la calligraphie islamique par cette collection révèle la façon dont l’art du livre fonctionnait comme un moyen pour véhiculer le savoir, propager la parole de Dieu et légitimer l’empire.
Portant le nom du maître calligraphe Sultan Ali Mashhadi, cette page est un remarquable exemple de découpage (qatic). Le verset de calligraphie nasta’liq a d’abord été écrit puis chaque lettre a été découpée individuellement et collée sur un autre papier d’une couleur plus foncée pour contraster. Des pages de ce diwan ont largement circulé et peuvent se trouver dans des collections publiques et privées du monde entier. Cependant c’est ce folio qui inclut le nom du calligraphe, situé sur le panneau central enluminé. Composé en Chaghatay, un dialecte oriental turcique, les poèmes très variés sont écrits par le dernier grand dirigeant timuride, le Sultan Husayn Mirza qui a régné entre 1469 et 1506 et qui était un grand mécène des arts.
P.S. Si vous savoir ce qu’est un mihrab, lisez ici (here) et regardez les magnifiques exemples !